Conviction 1/12: La confiance requiert un choix conscient et éminemment actif

Comme indiqué la semaine dernière, le « vrai » leadership trouve avant toutes choses sa source dans l’assise intérieure et la qualité d’être que le leader a pu développer. Plus cette assise sera solide, et le dirigeant profondément ancré et aligné avec ses valeurs intrinsèques et son intuition profonde, plus son autorité naturelle et sa capacité d’impact positive seront grands.

Les vrais leaders sont aussi sujets à l’adversité de la vie

Comme tous les êtres humains, les vrais leaders sont sujets à l’adversité de la vie et aux peurs qui en découlent. Peurs liées aux changements structurels, technologiques, économiques et environnementaux. Peurs de déplaire, de ne pas être reconnus, d’être contestés pour leurs idées et leurs actions. Peur de ne pas atteindre leurs objectifs et ceux de leurs organisations. Peur de perdre leur statut, de perdre des membres de leurs équipes ou des proches. Et j’en passe.

Leur engagement

Ce qui les distingue néanmoins des autres leaders, c’est leur conscience que la qualité de la confiance qu’ils peuvent déployer face à la vie, à eux-mêmes et à leur vision est de leur propre ressort. Que cette confiance ne dépend en réalité d’aucune circonstance ou avis extérieurs. Au contraire, qu’elle requiert un choix conscient et éminemment actif de leur part : celui de choisir en toutes circonstances la confiance, et ainsi d’user à bon escient de leur liberté et de leur capacité de réponse (« response-ability »).

Bien sûr, ce choix n’est pas un choix d’un jour, acquis définitivement. C’est un choix qui demande une persévérance et une discipline intérieure de tous les instants. Choix d’abord d’accepter (sans se blâmer) leur humanité et inhérente vulnérabilité. Choix de reconnaître leurs peurs et de les conscientiser. Choix actif ensuite de renoncer à céder à leurs peurs et de renoncer à se laisser gouverner par leur mental qui s’agite. Choix de ne prendre aucune décision avant de s’être reconnectés à eux-mêmes en profondeur et d’avoir recontacté la confiance et la paix intrinsèques qui s’y logent. Choix d’activer leur discernement intérieur et d’écouter leur intuition profonde. Choix plus important encore d’agir en fonction du résultat de ce discernement intérieur malgré leurs peurs, en alignement de toutes les parts de leur être.

Choix enfin de rester dans la confiance même si leurs actions ne produisent pas immédiatement les effets escomptés. Ce n’est en effet pas parce que le dirigeant a agi en conscience, en confiance et en congruence intérieure que tout va immédiatement se matérialiser comme escompté dans le monde extérieur. Cela le favorise certes par la qualité des décisions et la fluidité de l’énergie que le dirigeant dégage ; mais ce n’est pas pour autant une assurance tous-risques. Et cela requiert aussi une patience et une endurance à toute épreuve comme tous les vrais leaders tels que Nelson Mandela, Gandhi ou Martin Luther King l’ont démontré.

Ce choix de la confiance en toutes circonstances permet en revanche une clairvoyance décisionnelle, un courage et une qualité d’énergie personnelle supérieure. Ancrés dans leur être profond, leur intégrité et leur sécurité intérieure, ces dirigeants osent en effet dépasser leurs peurs, affirmer ce qu’ils considèrent comme juste au fond de leur être et agir en conséquence, devenant ainsi des moteurs de transformation positive au service de tous (et non plus uniquement d’eux-mêmes).

Résistances

J’ai pu observer dans ma pratique et mon expérience personnelle que l’un des plus grands obstacles à ce choix radical de la confiance réside dans l’éternelle question quant à la bonté – respectivement à la malveillance – de la vie et de la nature humaine. Comment en effet oser cette confiance, cette écoute et ce discernement intérieur lorsque l’on croit que la nature humaine, respectivement la vie, est malveillante ?

Les vrais leaders sont ceux qui ont compris qu’il y a en toutes circonstances – heureuses ou malheureuses – quelque chose de positif pour eux, un potentiel de croissance, d’apprentissage et d’alignement intérieur. Ils sont fermement convaincus que la vie est pour eux (et non contre eux). En s’accrochant à cette posture intérieure et en recherchant activement le positif en toutes choses – même et surtout quand ils ne le voient pas à première vue – ces dirigeants développent la résilience et la force nécessaires pour surmonter les situations difficiles et se laisser transformer positivement par elles. Au lieu de se battre et de résister à la Vie en se fermant, ils en deviennent partenaire et dansent avec elle, dans l’ouverture à ses possibilités infinies.

Les vrais dirigeants comprennent également que la nature humaine n’est ni bonne ni mauvaise par naissance, mais que c’est bien le lieu d’un combat intérieur perpétuel entre le bien (Source de la vie, de l’unité et de l’être) et le mal (forces de division qui impliquent le non-être et manque d’unité *). Et que partant, s’ils choisissent consciemment et délibérément l’unité intérieure en se mettant à l’écoute de leur être, de leur intuition profonde, de leur Source, ils peuvent s’y fier en toute confiance comme vecteur de bien et de potentiel de Vie.

Questions pour vous accompagner

Et vous ? Ressentez-vous aussi cet appel sur votre être ? Cet appel à participer à une transformation positive de notre monde ? Chacun de nous peut y contribuer. Si oui, quelles sont les croyances qui vous empêchent de choisir la confiance en toutes circonstances ? Et, plus intéressant encore, quels sont les effets positifs concrets sur votre vie de choisir la confiance ?

 

* L’éthymologie du mot Diabolos en grec ancien signifie « le diviseur ».